Examens complémentaires pour votre âne

Les Cahiers de l'Âne • 01/01/2013


Examens complémentaires pour votre âne

Plusieurs fois au cours de sa vie votre âne peut faire l’objet d’examens complémentaires réalisés par le vétérinaire. Il s’agit de tout acte venant en plus de l’examen clinique pour explorer un organe, diagnostiquer une maladie, suivre un traitement. Voici un petit tour d’horizon guidé des différentes possibilités.

TEXTE & DOCUMENTS : DR VÉTÉRINAIRE JENNY HARY - DESSINS : BRUNO DELAS

Examens de laboratoire

Tout commence par un geste technique qui peut être une prise de sang, une ponction urinaire, une ponction de LCR (liquide céphalo rachidien), une exérèse (retrait d’un nodule par exemple) ou une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu biologique) par exemple.

Biochimie : mesure de paramètres biologiques le plus souvent dans le sang. Urée créatinine pour les reins, enzymes hépatiques pour le foie, mesure du taux de triglycérides (diagnostic d’hyperlipémie), de la glycémie, du taux de fibrinogène (marqueur d’inflammation), ou de protéines totales.

Numération formule sanguine : donne un profil des globules rouges et des globules blancs dans le sang pour caractériser une anémie, une infection ou un passage viral.

Sérologie : recherche d’agents pathogènes par diverses techniques en laboratoire qui peuvent prendre du temps et c’est normal. Dépistage des métrites contagieuses ; diagnostic d’une piroplasmose, etc. La sérologie est primordiale en pathologie infectieuse.

Coprologie : recherche de parasites dans les crottins.

Cytologie : caractérise la nature et la densité des cellules dans un prélèvement de type liquide de lavage trachéo-bronchique ou broncho-alvéolaire pour ne citer que ceux-ci.

Histologie : caractérise les types cellulaires, leur aspect et leur organisation au sein d’un tissu sur une pièce d’exérèse ou sur une biopsie.

Prise de sang
Elle se pratique dans la veine jugulaire bien que difficile à identifier du fait du développement important du muscle cutané du cou. L’aiguille sera alors introduite avec un angle franc avant d’être remise dans l’axe du vaisseau. Le recours à une anesthésie locale du muscle cutané du cou peut être utile chez un âne jeune ou remuant.

Imagerie médicale

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L’imagerie médicale a pour but de rendre visible ce qui est inaccessible au regard.

Radiographie : réalisable à domicile grâce à un matériel portatif et à l’essor de la radiographie numérique. Elle permet par rayons X de prendre un cliché avec de très bons contrastes des segments osseux et du thorax. Il est important que l’animal reste immobile et correctement positionné. On recherche des signes de fourbure ou d’arthrose sur des radios des pieds et des membres. Sur l’âne on peut aussi radiographier facilement les poumons en cas de suspicion de pathologie respiratoire, la trachée se voit très bien. Des examens radiographiques avec préparation (type produits de contraste dans la moelle épinière) peuvent être réalisés. Ces examens poussés sont pratiqués en structures hospitalières.

Échographie : en manipulant une sonde à ultrasons on obtient une image en coupe des organes internes dans des tons de gris. L’œil avisé du praticien recherche sur l’écran à caractériser la taille, la forme et la consistance des organes observés. L’échographie est fort utile en reproduction, elle est alors réalisée par voie trans-rectale. Des échographies des tendons des membres peuvent être utiles. Sur un âne de petite taille, une échographie abdominale est possible pour visualiser le foie, le pancréas, les intestins, etc. Des ponctions d’urine peuvent même être réalisées sous contrôle échographique.

Endoscopie : le principe est celui d’une caméra dirigée dans les voies naturelles permettant de visualiser les parois de l’appareil respiratoire supérieur ou de l’appareil digestif. Une simple tranquillisation suffit à permettre l’examen pour visualiser un ulcère gastrique, une mycose des poches gutturales ou une paralysie laryngée, entre autres.

Autres examens complémentaires
Les IRM et les scanners, qui sont également de l’imagerie médicale, peuvent être proposés dans certains cas rares. L’accès à ces appareils est restreint mais ils peuvent permettre de localiser certaines lésions sur lesquelles on peut parfois ensuite agir.

Si on vous parle d’examen complémentaire, vous pouvez désormais demander lequel, dans quel but, et en comprendre son principe. La plupart du temps, ils sont justifiés et nécessaires. Il faut parfois être patient car tous ne sont pas à résultat immédiat. ■

Mots clés sérologie examens complémentaires échographie cytologie numération formule sanguine prise de sang examens endoscopie biochimie radio coprologie histologie