Attelage avec un âne ou un mulet, de quoi parle-t-on ?

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


Attelage avec un âne ou un mulet, de quoi parle-t-on ?

L'Attelage tel que je le conçois, tel qu’on me l’a appris, repose sur trois piliers, trois fondamentaux. Enlevez-en un et le « truc » devient bancal que vous atteliez avec un âne, un cheval ou un mulet.

TEXTE : ÉTIENNE PETITCLERC - PHOTO : VALÉRIE THÉVENOT

Trois fondamentaux

  • La technique : un matériel adapté à l’utilisation qu’on en fait, des harnais ajustés, une voiture équilibrée ou un outil réglé ;
  • La sécurité : un matériel solide et entretenu, des animaux en confiance - c’est-à-dire travaillés - un menage précis et surtout la parfaite connaissance de ses propres capacités (donc ses limites) comme de celles de son attelage ;
  • L’esthétique : un ensemble harmonieux, proportionné, un matériel propre, des animaux en état, un toilettage soigné.Qu’on parle d’attelage sportif, de loisir, de tradition ou de travail, il n’y a dans cette trilogie ni minima ni superflu. Sans hiérarchie entre eux, ces éléments sont, je crois, indissociablement liés au sens où la recherche de l’un amène à considérer les autres.

Que l’on parle d’attelage sportif, de loisir, de tradition ou de travail, il n’y a dans cette trilogie ni minima ni superflu. Sans hiérarchie entre eux, ces éléments sont, je crois, indissociablement liés au sens où la recherche de l’un amène à considérer les autres.

Comment y arrive-t-on ?

À force de travail… bien sûr !
Un travail empreint d’humilité, long, opiniâtre, parfois ingrat, personnel ou partagé au bout duquel il y a LA récompense : le plaisir de mener et de présenter un bel équipage.
Tout cela s’apprend, sans griller d’étape, c’est sans doute le plus difficile à exiger du novice - et on reste longtemps novice ! Il n’y a pas plus de science infuse ici qu’en tout autre art.

Il faut d’abord s’astreindre à acquérir des bases qui consistent à connaître les différentes composantes de l’attelage :

  • l’animal : quelques notions élémentaires d’anatomie, de locomotion, de psychologie ;
  • le harnais : la dénomination et l’utilité de chaque pièce, leur réglage ;
  • la voiture ou le matériel tracté : le vocabulaire, les principes généraux de construction, de fonctionnement, d’équilibre.

Viendra ensuite le temps du menage au simulateur puis, consécration, la mise à la voiture, le départ et les sensations fortes. N’en déplaise aux impatients, l’attelage reste la discipline équestre la plus exigeante, la plus complexe, la plus technique, la plus dangereuse.

Il existe plusieurs façons d’apprendre l’Attelage - ce qui pour moi, vous l’avez compris, dépasse de loin le simple fait de « savoir » mener.
Les formations, diplômantes ou non, et des stages réguliers me paraissent un passage obligé. La confrontation d’expériences, la documentation personnelle par la lecture et la visite de collections par exemple, la fréquentation de rassemblements ou de concours me semblent aussi des prolongements intéressants.
La suite est une affaire de persévérance, de passion. Amener un attelage à donner le meilleur de lui-même ne se conçoit que dans le temps et dans la connaissance réciproque du meneur, sa main, sa voix, et de son attelage, sa confiance, son allant, sa disponibilité, sa réactivité.

Au-delà de la relation qui unit le propriétaire ou le « soigneur » à l’animal dont il a la responsabilité, ce dont je ne parlerai pas ici, il faut nourrir une relation intime qui ne s’exprimera ensuite que par le biais de quelques centimètres carrés de cuir et quelques mots.

Or, il en va des caractères animaux comme des caractères humains, toutes les personnalités ne sont pas compatibles. Je suis en revanche certain qu’il est des animaux qui s’entendront d’emblée avec des hommes ou des femmes, quand d’autres seront à jamais incompatibles et quand d’autres, enfin, le deviendront à force de patience, de compromis et toujours… de travail. ■

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