Syndicat National des Cochers

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


Syndicat National des Cochers

On ne peut pas parler de l’attelage de travail sans évoquer l’organisme qui rassemble les professionnels de la Traction Animale et de l’Attelage de Travail. Si la plupart d’entre eux travaillent avec des chevaux, et si les bœufs sont encore minoritaires, ils sont de plus en plus nombreux à choisir des mulets et même parfois des ânes.

TEXTE : JEAN CLOPES - PHOTOS : SNCUPAA & VALÉRIE THÉVENOT

Le métier de cocher, oublié du fait du progrès de l’automobile, connaît aujourd’hui un engouement indéniable. Aussi des professionnels exerçant ce métier depuis de nombreuses années ont créé le Syndicat des Cochers Professionnels, le SNCuPaa, au Salon de l’Agriculture en mars 1999.

Les objectifs du Syndicat sont les suivants :

  • faire connaître, ouvrir, et défendre les métiers d’utilisateurs d’animaux attelés ;
  • assurer plus de sécurité pour les usagers faisant appel aux compétences des professionnels ;
  • veiller au respect et au bien-être des animaux de travail ;
  • participer aux formations et aux évaluations des futurs professionnels ;
  • harmoniser une réglementation au niveau européen.

Le Syndicat souhaite également apporter un service aux entreprises dans les domaines d’influence suivants : la formation professionnelle, la veille réglementaire et juridique, la veille économique et technique, et la vitrine des entreprises.

Le certificat de spécialisation

Le seul diplôme professionnel correspondant au métier de cocher est le Certificat de Spécialisation « Utilisateur de Chevaux Attelés » (CS UCA). Il s’agit d’une certification de niveau V relevant du Ministère de l’Agriculture créée en 2006 grâce à la volonté du SNCuPaa qui a participé à l’écriture du référentiel du métier.
Cette qualification permet aux professionnels de légitimer leurs compétences, de faciliter leurs offres d’emploi, d’être défendus en cas de litige, et de rassurer les clients qui bénéficient ainsi de la prestation d’un cocher compétent.

Toutefois, la déréglementation découlant de notre appartenance à l’Europe n’impose pas pour l’instant l’obligation du diplôme pour exercer le métier de cocher. Les brevets de type « Galop » décernés par la Fédération Française d’Equitation sont inadaptés aux métiers concernés par le Syndicat. Les brevets de tourisme ou de sport ne permettent pas non plus de contracter une assurance professionnelle.

À l’heure actuelle la demande de traction animale se développe et les centres de formation qui proposent le CSUCA sont de plus en plus nombreux. On observe que les porteurs de projets cherchent d’abord à se former pour acquérir les compétences nécessaires. Mais le SNCuPaa doit aussi sensibiliser les futurs diplômés à la difficulté de structurer une activité viable. Il leur faudra parfois faire face à la concurrence déloyale exercée par des particuliers et associations qui bradent les prestations en effectuant du travail illégal.

Objectifs du Certificat de Spécialisation
« Utilisateur de Chevaux Attelés »

- Connaître les animaux de traction : capacités, besoins, comportements, choix, entretien dans le respect du bien-être animal ;

- Utiliser les animaux de traction dans la diversité des utilisations possibles : agriculture, forêt et tourisme, tout en respectant la sécurité vis-à-vis du public ;

- Organiser et réaliser une activité d’attelage en présence du public ;

- Présenter et analyser le système technique et économique d’une entreprise utilisatrice de la traction animale.

Prochaines formations à retrouver sur syndicat des cochers.fr

L’harmonisation des formations

L’IFCE est l’institution de tutelle du Syndicat, il entretient avec elle des relations étroites et de confiance particulièrement précieuses et fructueuses pour faire avancer les pratiques de formation.

Au niveau national, il est souhaité une harmonisation des formations et des évaluations. Le Syndicat désire l’excellence pour tous les élèves, qu’ils soient patrons ou salariés.

Quatre thèmes de réflexion sont privilégiés :

  • la maîtrise de la conduite en guides selon la Méthode Achenbach,
  • l’harmonisation des volumes horaires et
  • du contenu de formation selon le référentiel du CS UCA (arrêté du 8/08/2005 paru au JO du 20/08/2005)
  • la qualification des enseignants et des jurys d’examen.

Aujourd’hui la plupart des centres de formations adhèrent à ces propositions et tiennent des réunions concertantes avec le Syndicat, des sessions de formation des enseignants et un examen des compétences des évaluateurs en jury professionnel, sur la maîtrise de la Méthode Achenbach. Cet examen est effectué par un expert international reconnu et accepté par tous : M. Emmanuel De Meulenaer.

Le syndicat entretient également des relations avec la Direction Générale de l’Enseignement et de la Recherche (DGER) et le Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Les travaux en cours avec ces organismes vont dans le sens des propositions du SNCuPaa.

La labellisation des entreprises

Mais si posséder un diplôme est une assurance de formation, il ne représente pas à lui seul un gage de qualité.
C’est pourquoi le Syndicat propose également de mettre en place une labellisation des entreprises. L’image du métier, le poids qu’il porte maintenant face au public et aux institutions, oblige au respect de règles que les professionnels doivent élaborer en tant qu’hommes de terrain.
Ces règles doivent prendre en compte la sécurité et le confort des passagers et des animaux attelés. Charte de qualité, création d’un label, certification des entreprises, c’est une autre des missions voulues par le SNCuPaa.

Les domaines d’activité

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Transport scolaire sur la commune de Vendargues (Hérault) qui compte également un âne-cantonnier.

Le Syndicat œuvre pour la professionnalisation des métiers liés à la Traction Animale : débardage, maraîchage, viticulture, entretien des espaces verts, transports scolaires ou touristiques, collecte des déchets, etc.

Tous les travaux réalisés par des chevaux peuvent l’être aussi par des mules de même gabarit. La mule étant plus économique que le cheval grâce à sa force, sa rusticité et son endurance, le nombre de professionnels faisant appel à ses qualités est en augmentation constante.
Il est deux domaines où elle est particulièrement appréciée : le maraîchage et la viticulture. En effet à force égale elle est beaucoup moins large que le cheval, ce qui lui permet de se serrer des cultures hautes telles que les vignes, sans les abîmer. Au niveau du sol, sa piste est beaucoup plus serrée que celle du cheval, ce qui lui permet de se déplacer entre les rangs de cultures étroits pour le maraîchage, sans faire de dégâts.

L’âne est très peu utilisé par les prestataires. En raison de son gabarit réduit, son rendement en travail est trop faible pour une entreprise. On trouve cependant quelques ânes cantonniers auprès des collectivités territoriales.

Plusieurs centres de formation utilisent maintenant des mulets : Mirande, Saint- Affrique, Montmoron… et l’on ne peut que s’en réjouir.

Au niveau des membres du Syndicat, la moitié des membres du conseil d’administration utilise des mules pour ses activités. Parmi les autres adhérents, le nombre d’utilisateurs de mules est en augmentation lui aussi.

Quelle belle reconnaissance pour nos ânes et mulets, que celle des utilisateurs qui les promeuvent et assurent ainsi l’avenir économique et social d’une profession. ■

Mots clés âne cocher Clopès certificat de spécialisation traction animale mule syndicat attelage