L'École d'Attelage pour âniers ANENA

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


L'École d'Attelage pour âniers ANENA

Située dans l’Oise, cette école d’attelage connue de nombreux meneurs y organise chaque année son Championnat de France d’Attelage avec des ânes.

TEXTE ET PHOTOS : VALÉRIE THÉVENOT

Gérard Martin, son président, vous accueille chaleureusement dans le club-house. Et c'est tant mieux, car ici sur ce plateau picard, un micro-climat vous fait regretter de ne pas avoir pris une bonne paire de gants. Le lieu est propice à l'apprentissage. Le box des ânes s'ouvre à travers une large baie vitrée sur le club-house, la sellerie juxtapose l'ensemble. Devant, un grand terrain de marathon avec des obstacles naturels et un vaste paddock puis un pré offrent un beau site d'entraînement.

Savoir se remettre en cause

Autour de Gérard, Didier et Yannick devenus depuis des meneurs expérimentés discutent attelage et ânes. Gérard écoute attentivement ses élèves qui sont à leurs heures ses assistants auprès des stagiaires. « J’aime bien les écouter. On apprend toujours. L’école n’est plus du tout celle d’il y a 10 ans. Savoir remettre en question ses acquis est important. C’est ainsi que l’on avance. »
Mais une philosophie perdure dans son enseignement « apprendre tout en douceur, ça va bien à l’âne ». En douceur et toujours avec beaucoup de respect envers les ânes sera le leitmotiv de ces deux jours.

L’âne en priorité

Pour commencer, connaître l’âne, sa morphologie, son mental, sa locomotion.
« C’est le meneur qui fait un bon âne d’attelage, bien que certains modèles soient prédisposés. Les ânes sont des partenaires formidables, ils ne sont pas rancuniers. En revanche, si à un moment mon âne ne travaille pas bien, je lui dis. Je descends de la voiture et je vais devant lui. Il faut lui montrer que tu n’es pas content ! Il est pas bête, il sait bien. » et d’ajouter avec un regard enjoué « après je lui fait une bise, et je remonte en voiture ».

Savoir mener ensuite

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Si l'attelage est une discipline où la complicité qui peut naître entre le meneur et son animal est assez magique, pour obtenir une telle qualité relationnelle, il faut avant tout du travail, et du travail ! Pour Yannick, fort de son Galop 9, « un bon meneur c’est quelqu’un qui déjà a appris à mener. Et garder en tête la sécurité, faire le bon choix dans le harnais, savoir le régler, choisir une voiture adaptée à l’âne sont des choses importantes ».

Apprendre à mener passe aussi par le simulateur. « Cela évite de s’entraîner sur la bouche d’un âne et de lui faire payer nos erreurs de mains. » Chaque meneur devrait s’en fabriquer un : quatre fers en contrepoids attachés chacun à une cordelette montée sur poulie et fixée au mur ; au bout de la cordelette, les guides. Même les compétiteurs de haut niveau s’entraînent et répètent leurs parcours ainsi pour économiser leurs animaux.

Un bon pansage des ânes avant de les garnir est une règle d’or et Gérard d’ajouter « et je les dégarnis sans gants pour mieux vérifier si tout va bien ». Faire les multiples réglages, vérifier que le mors et le culeron soient bien propres pour ne blesser ni la bouche ni le couard de l’âne, deux zones sensibles. Puis vient la mise à la voiture, dans le calme toujours, et c’est parti. L’âne d’école Balthazar âgé de 22 ans et le jeune Astro, 4 ans, en cours d’apprentissage vont dérouler simultanément une reprise en simple, en paire puis en tandem.

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Gérard Martin aux guides, Balthazar en maître d'école et Astro en élève.

La force de cette école, où vous pouvez venir avec votre âne et passer les Galops d’attelage, c’est la qualité de son enseignement, les échanges riches avec les différents intervenants autour de l’âne, de son éducation, de son travail d’assouplissement, du matériel, de son utilisation et du menage. Mais pour autant, Gérard n’est pas un homme complaisant et il saura vous dire si vous menez mal, ou si vous n’êtes pas fait pour cette activité.

Alors ? Adoptez les bons gestes dès le départ. « L’attelage c’est un tout, un ensemble, ça ne s’improvise pas. Ça s’apprend, même avant d’acheter son âne ou son matériel, c’est plus prudent. »

Nous ne le dirons jamais assez, l’attelage reste une activité dangereuse si la négligence, l’empressement et la méconnaissance venaient à l’emporter. Et quel dommage vu les témoignages de pur bonheur recueillis auprès des personnes présentes ! ■

Les Galops d’attelage

Passer les Galops d’attelage permet au pratiquant titulaire de la licence FFE de valider des niveaux de compétence selon un apprentissage précis et progressif. Ils sont obligatoires en compétition officielle.
L’évaluation porte sur la pratique et les règles de sécurité, les soins et la connaissance des spécificités du harnachement et des voitures d’attelage. Les Galops d’attelage se déclinent du Galop 1 au Galop 7. Le niveau 5 est le niveau minimum conseillé pour tout meneur, même de loisir. Selon le programme officiel de la FFE : « Le meneurdoit être autonome, avec son coéquipierpour mener dans la circulation routière. »
Informations : www.ffe.com

La gourmette

Elle ne doit pas être serrée, elle ne fait jamais action. Si l’âne est bridé, il ne s’arrête pas, il part.

Le menage

Tout est dans les mains. Le bon meneur c’est aussi celui qui arrive à se déplacer avec son âne sans le faire souffrir et en se faisant plaisir. Il respecte son animal, veille à son effort et surtout, il a la main douce.

Le harnais

Il doit aller comme un costume. Fait sur mesure c’est l’idéal.

Atteler seul

Ne jamais partir seul. « C’est toujours quand on a attelé seul qu’on a eu un accident. » L’accident comme le renversement ne vient pas de l’âne, mais un mauvais menage, un manque d’anticipation en sont souvent la cause. Si souci, ne pas descendre de voiture et rester à son poste de menage, c’est là où on assure la sécurité. L’âne apeuré part puis s’arrête, « calme et réfléchi, il n’a pas envie de se tuer » !

Passage de langue

« Les anti passe-langues ? De la bêtise ! Les ânes n’en ont pas besoin. Si elle passe, c’est parce qu’on tire, qu’on a une main dure. Ce n’est pas ça le menage ! On donne de petites impulsions et on revient au contact. »

Mots clés âne formation championnat de France galop ANENA école attelage