Randonnée itinérante avec un âne

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


Randonnée itinérante avec un âne

Randonner en attelage avec ses ânes et en parfaite autonomie pour un grand voyage itinérant, voici un joli rêve de liberté. Partir à la conquête de grands espaces, sans contraintes... enfin presque ! car parfois la réalité nous rattrape vite.

TEXTE : EMMANUELLE BORNET - PHOTOS : VALÉRIE THEVÉNOT

La préparation est le maître-mot de la réussite de la randonnée. Les hommes, les ânes et le matériel, le parcours, autant de sujets de recherche et de méditation qui occuperont quelques soirées. Puis viendra le temps des entraînements et des tests avant le grand départ.

Les hommes

Nous ne nous inventons pas meneur ou cocher. Avant de partir sur la route, il est des connaissances à acquérir tant au niveau des animaux que du matériel et de la façonde conduire l'ensemble. La sécurité de l’attelage est en jeu ainsi que le bien-être de l’animal, d’autant plus que l'âne n'exprime pas son inconfort et rarement la douleur.

Le meneur devra également être capable de tâches techniques comme d’enlever un fer prêt à tomber ou de remettre un clou en attendant de trouver un maréchal. Il existe de nombreuses formations, n'en faites pas l'économie.

Les ânes, moteur du voyage

Ce sont les ânes qui vont définir les limites de l'expédition et le choix du matériel. À petits ânes, petite charrette.... et petite randonnée car peu de place pour le matériel. Les ânes seront adaptés morphologiquement et mentalement à la randonnée itinérante attelée : bien charpentés, dotés de membres solides et un peu éclatés du devant. Il est recommandé un minimum de 1,35 m au garrot, mais un grand dégingandé de 1,50 m sera moins robuste et aura donc moins de force qu’un petit trapu de 1,35 m.
Les ânes seront préparés à l’exercice physique, notamment par un travail sur le plat.

Le matériel

Le harnais, choisi en fonction des ânes, devra être solide, confortable et bien ajusté.Une blessure de harnachement et c’est la rando qui s’arrête !
La voiture sera adaptée à la taille de l’animal. Elle sera à la fois véhicule et maison, même si l’on compte dormir en tente car tout le matériel devra être abrité des intempéries éventuelles. Chariot bâché ou roulotte légère seront les bienvenus. Les plus courageux pourront construire leur véhicule.

Le parcours

Même si l’on rêve de bohème, on vit dans un monde bien réel avec quelques règles... comme celle de respecter le Code de la Route et donc d’emprunter uniquement des voies ouvertes à la circulation ou dans le cas contraire, de demander les autorisations nécessaires. Idem dans une forêt domaniale où l’autorisation de l’ONF est requise seulement pour emprunter des voies habituellement non ouvertes à la circulation. Pour traverser une zone privée,  dressez-vous au propriétaire.
Pour le bivouac, recommandations identiques car même si l’âne jouit d’un réel capital sympathie, n’en abusez pas !

La préparation de l’équipage

Que ce soit les ânes ou le meneur, chacun devra avoir une bonne forme. Des petits circuits puis des sorties à la journée permettront d’une part d’avoir l’entraînement physique nécessaire et d’autre part de repérer les points faibles de son équipement : un harnais qui s’use prématurément, une roue de la voiture qui donne des signes de faiblesse… En route... Bonne balade... ■

BLOC-NOTES

Prévoir pour les ânes...

- les documents d’identification
- les seaux, chacun le sien pour éviter les conflits, et un pour l’eau. Le plastique souple qui se plie est très pratique
- de la nourriture pour quelques jours
- une couverture imperméable pour chacun
- une trousse de secours (qui peut faire humain et équin) et une bombe d’aluminium en cas de début de plaie de frottement
- un produit anti-mouche
- du matériel de maréchalerie de dépannage : clous, pince à river, tricoise à talon,  mailloche, rainette
- une clôture mobile et une petite batterie donnent une grande indépendance.

Le frein, un dispositif de sécurité à ne pas négliger

Une moto surgie de nulle part ou une belle descente, le frein vous aidera à maîtriser la situation. De même en cas d’arrêt en montée pour un obstacle imprévu, vous pourrez serrer le frein jusqu’au redémarrage. En attelage on trouve 4 types de frein :
- Le ralentisseur est un patin qui appuie sur le pneu en fonction de la force exercée sur la pédale mais ne permet pas de bloquer la voiture. Il est réservé aux voitures à 2 roues.
- Le frein à tambour qui équipait les automobiles anciennes est efficace. Mais une pression trop forte sur la pédale arrête brutalement l’équipage.
- Le frein à disque dispose d’une assistance hydraulique, le freinage est plus souple. Une voiture à 4 roues peut disposer d’un freinage sur chaque essieu.
- Un frein à main peut équiper le frein à tambour ou le frein à disque.

La ferrure

Le meneur apprécie généralement le trot, allure qui use davantage le pied que le pas. En effet, le bitume est une vraie râpe à corne et les risques de bleime sont réels sur les chemins pierreux. Aussi le ferrage est un moyen d’empêcher ces désagréments. Fer de poney retravaillé ou de fabrication artisanale, il doit protéger le pied et apporter du confort et de l’aisance. Si l’on sort souvent, la pose de clous en tungstène permet de prolonger la vie des fers.

Conseil

Si la voiture est munie de roues à pneus et de chambres à air, une bombe anti-crevaison est conseillée.

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