Formations Attelage avec un âne de l'UNAP

Les Cahiers de l'Âne • 01/07/2014


Formations  Attelage avec un âne de l'UNAP

À défaut de pouvoir apprendre à atteler un âne en pratiquant régulièrement près de chez soi, les stages de formation spécialisés sont une alternative à la fois efficace sur les plans pratique et technique et humainement bien plaisante par la rencontre d’autres âniers toujours passionnés.

TEXTE : JÉRÉMY MARTIN - PHOTOS : UNÂP & VALÉRIE THÉVENOT

Des formations sur l’âne, d’abord

L’UNÂP propose plusieurs possibilités de formations, progressives, avec les mêmes programmes et les mêmes tarifs, chez différents âniers en France. Elles sont progressives parce qu’avant de se perfectionner, il est indispensable de bien connaître l’âne, de savoir communiquer et échanger avec lui.

Actuellement encore, la majorité des formateurs en attelage ont appris avec des chevaux et conservent les attitudes réflexes indispensables avec le cheval, mais elles conviennent beaucoup moins bien à l’âne. De plus, ces attitudes sont confirmées par notre propre culture générale vis-à-vis de l’animal, qui nous incite à le faire obéir sans lui laisser le droit d’intervenir. Or, si le cheval a des réactions qu’il faut savoir anticiper, l’âne a plutôt tendance à « bloquer » que fuir. Il s’investit beaucoup dans les activités que nous lui proposons, en faisant toujours attention à nous protéger -à sa façon- et à ne pas prendre de risque pour lui non plus. Aussi même si la technique d’attelage est la même, on n’aborde pas la relation et le travail avec un âne comme avec un cheval.

Les formateurs de l’UNÂP connaissent les spécificités du comportement asin et les conséquences de nos propres attitudes et de nos demandes face à cet animal qui « n’obéit jamais » mais qui prend plaisir à faire ce que nous lui demandons. Un de leurs buts est donc d’améliorer la qualité de la communication avec l’âne afin que le travail devienne simplement une activité partagée et plaisante pour les deux.

Des formations à la carte

Le module Attel’âne est une première approche de l’attelage de loisir et de la traction asine, qui doit être approfondie lors de stage(s) « Ân’Action » avant de pouvoir transporter des personnes.
Sur les 35 heures officielles de formation du module Attel’âne, plus d’une quinzaine sont consacrées à la préparation de l’animal : travail en longues rênes avec ou sans mors, sa découverte du matériel (bruit) et du lieu de travail, le travail avec d’autres ânes, à côté, en paire ou en solitaire.
Puis il y a l’attelage, au collier pour des petits outils agricoles et du débardage léger, ou en bricole pour l’attelage de loisir, avec les apprentissages du vocabulaire, de la fonction des objets, des bons gestes et leurs raisons, et l’attention aux conditions de sécurité.
Il faut savoir garnir et dégarnir dans l’ordre, sans s’embrouiller ni entortiller toutes les ficelles. Quelques heures sont donc consacrées au matériel, avantages et inconvénients de tel ou tel outil, des 2, 3 ou 4 roues, entretien et petites réparations et surtout réglages et adaptation à chaque âne pour des activités confortables pour lui et sans risque.

Lors des Ân’Actions, différentes façons d’atteler et de mener sont présentées, argumentées et pratiquées. Par exemple, les ânes ayant une bouche moins fendue que les chevaux, beaucoup sont gênés par un mors. Des embouchures sans mors qui agissent sur le nez et/ou les côtés sont présentées et utilisées, tout comme le travail à la voix. Également, la plupart du matériel à utiliser étant initialement prévu pour des chevaux, il faut être capable de l’adapter correctement à l’âne.

L’UNÂP, centre de formations ânières

undefined

Chaque année plusieurs « Attel’âne » sont programmés, ils se déroulent à l’Asinerie du Tremble dans le Cher, complétés par des Ân’Action-Attelage au même endroit ou dans le Lot, le Tarn ou le Pas de Calais. Les Ân’Action-Maraîchage sont dans l’Eure ou en Seine-Maritime, Seine et Marne ou Tarn et Garonne. Ces âniers-jardiniers- maraîchers utilisent généralement la Kassine de Prommata, porte-outil astucieux, très pratique et bien moins fatigant pour le dos et les bras que la plupart des outils anciens.

Il est également possible d’aller pour seulement deux ou trois jours chez différents « spécialistes » pour du débardage tracté ou porté ou autres travaux agricoles particuliers,en Corrèze, Dordogne ou dans le Gers.

En tant que Centre de Formation Professionnelle, l’UNÂP permet la prise en charge de tout ou partie des frais de formation et parfois de pension et de transport. Cette prise en charge dépend des droits de chacun. Les organismes payeurs sont les OPCA qui collectent les cotisations à la formation continue, Pôle Emploi, les Conseils Régionaux et/ou Généraux, l’employeur, l’AGEFIPH, etc. Les personnes n’ayant droit à aucune aide peuvent suivre les mêmes formations en s’adressant directement à l’ânier organisateur du stage qui proposera alors un tarif perso.

Les âniers de l’UNÂP ne prétendent pas former un vrai pro en quelques jours, mais veulent transmettre les informations suffisantes pour pouvoir continuer tout seul sans prendre de risque pour l’âne, les gens, le matériel, en visant simplement une bonne entente avec son âne dans des activités partagées, efficaces et plaisantes. ■

Mots clés UNÂP âne formation stage module attelage